La Plaza Mayor est le point de repère de la ville. A Trinidad, le temps ne compte plus vraiment puisque cette paisible ville fût longtemps coupée du monde.

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Autour de la Plaza Mayor, on trouve les plus belles demeures de Trinidad réhabilitées pour la plupart en musée. Nous y avons visité le musée d'architecture coloniale puis le musée de la lutte contre les bandits. Cette appellation désigne les rebelles contre-révolutionnaires soutenus par la CIA qui ont tenté de faire chuter le régime castriste tout juste installé.

Avec ses maisons basses, ses façades pastel et ses rues pavées à l'ancienne, Trinidad renvoie aux images qu'on peut avoir de l'époque d'avant l'automobile.

Cette ville fut la troisième colonie espagnole de Cuba, établie en 1514, en un lieu connu sous le nom de manzanilla. Diego Velasquez y avait trouvé de l'or et une population indigène déjà bien organisée.

A la fin du 18ème siècle, l'exploitation des esclaves fait fructifier la production sucrière locale. La ville prospère et se dote de superbes palais qui ont pour mécènes des Brunet, Cantero, Iznaga ou Borrel et qui trouvent leur écho dans les riches plantations de la vallée où se retirent les propriétaires le temps des récoltes.

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Cependant, dès le milieu du 19ème siècle, les signes du déclin économique sont déjà à l’œuvre. L'affaiblissement des ressources minières et agricoles de la vallée, surexploitées, et la montée des revendications des esclaves font fuir les capitaux.

Les deux guerres d'indépendance ont laissé l'industrie de la ville aux mains d'entreprises étrangères et une population ruinée, condamnée au sous-emploi.

Des maisons de plus de 300 ans témoignent cependant du riche passé de la ville aux rues de pavés ronds, et dégagent une atmosphère qui rappelle les siècles passés.

Brutalement, sans artifice, apparaît la réalité nue d'une ville où rien n'a changé pas depuis de nombreuses années. Cette ambiance particulière peut parfois « peser » au premier abord, mais le joyau colonial se mérite. Il est nécessaire d'y entrer sans prendre en compte ni le temps, ni les effets négatifs du tourisme, et de se risquer à pénétrer dans ces superbes demeures, dialoguer avec ses habitants si sympathiques et participer aux spectacles musicaux nocturnes chargés d'émotion, de tradition et de talent.

Trinidad est de celles qui comblent le voyageur de souvenirs inoubliables !

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Le premier musée que nous avons visité autour de la Plaza Mayor est celui de l'architecture coloniale. Il se trouve dans une maison très connue des Cubains, non pour ses joyaux architecturaux, mais tout simplement parce qu'elle a servi de décors à l'un des plus fameux feuilletons de la télévision locale. C'était la maison d'une des plus riches familles de Trinidad, les Iznaga. Si on n'y trouve pas de mobilier, on y découvre toutes les techniques architecturales de l'époque et les évolutions au fil du temps. Documents, dessins, photos et maquettes illustrent la manière dont l'époque coloniale et surtout les 18 et 19ème siècle, s'est appropriée les anciennes techniques, comme celles des charpentes et des structures murales ( le torchis par exemple), le travail des tuiles (moulées sur les cuisses), en les adaptant à ds matériaux plus nobles et en y ajoutant des fresques, des auvents et des enjolivures.

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La visite des toilettes en faïence et de la douche à jet multiples, extrêmement inventive pour l'époque, et d'importation des Etats-Unis ont été saisissantes.

Cette visite a été passionnante pour bien comprendre l'architecture de Trinidad et des maisons coloniales présentes dans tout Cuba, très caractéristiques de leur hauteur sous plafond d'environ 6 mètres, de leur fenêtres recouvertes de décorations en fer forgé pour les protéger des pirates et autres corsaires et pour laisser passer l'air, des jalousies, et de leur immense porte d'entrée donnant sur un salon au lustre richement orné.

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