Le lendemain matin, nous avons quitté « Kanta lodge » pour rejoindre la vallée de l'Omo. Nous avons parcouru 180 km dans la journée, pour environ 3h30 de piste majoritairement.

Sur les bords de ce fleuve, vivent des ethnies sur des territoires autonomes.

Sur la route nous avons d'abord croisé la tribu des Tsemay et celle des Banna qui travaillent la terre avec leur pioche typique. Ils sont très minces et musculeux. J'ai pu immortaliser la scène en prenant en photo deux jeunes garçons de cette tribu alors leur coiffure typique.

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Sur la route nous avons rencontré plusieur membres de la tribue Banna

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Comme nous étions samedi, jour du grand marché pour la tribu des Hamer, nous sommes allés à la rencontre de ce peuple et de son marché très coloré situé à Dimeka, non loin de la ville de Turmi.

Il s'agit d'une ethnie où les femmes portent les cheveux courts tressés au bol, teintés en ocre de la couleur de la terre avec des jupes en peau de chèvre plus ou moins courte selon qu'elles sont célibataires ou mariées. Elles portent de longs colliers de coquillage qui leur cachent la poitrine et des colliers épais en métal autour du cou. Les Hamer étant polygames, la première femme porte un collier en métal avec un large pointe à l'avant, les femmes suivantes, un collier en métal, sans pointe. 

Les femmes Hamer portent aussi de nombreux bracelets de cuivre autour des bras et des poignets.

Les hommes de cette ethnie portent aussi des colliers et des bracelets notamment aux chevilles mais colorés de perles de rocaille. Certains portent des plumes sur la tête. Nous avons aussi rencontré un jeune homme en âge de passer l'épreuve du saut de taureau, consistant à courir sur le dos de plusieurs taureaux serrés les uns à côté des autres. Il s'agit d'un rite pour le passage à l'âge adulte, les autorisant à se marier. Lors de ce rite, les femmes se font fouetter en l'honneur du héros. Nous avons d'ailleurs pu constater de nombreuses traces de fouet sur le dos des femmes et des scarifications diverses sur presque toutes les parties de leur corps. La condition féminine n’est malheureusement pas un sujet de préoccupation dans ces tribus.

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La découverte de ce marché coloré a été très intéressante. Nous y avons vu beaucoup de produits tout à fait singuliers. Les femmes Hamer portent des calebasses décorées de perles de rocaillées et gravées, en guise de sac à main. Nous les avons aussi vu préparer la bière locale.

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L'après-midi, nous avons randonné pendant 1h30 vers un village Hamer dans la brousse pour nous imprégner du quotidien de cette population rurale qui vit dans des habitations de bois et de paille.

Les Hamer sont des pasteurs semi-nomades ; ils vivent dans l’une des régions les plus arides de la savane méridionale du sud-ouest éthiopien, entre les terres fertiles de l’est et les rives de l’Omo. Dans cette région, seules des termitières de plusieurs mètres de haut, qui s’élèvent comme des cheminées, les acacias, les Adenium obesum, aux fleurs roses et rouges et la broussaille brisent la ligne de l’horizon.

Les Hamer se déplacent en groupe, avec leurs troupeaux de bovins, selon un itinéraire précis établi par leurs ancêtres au premier matin du monde. Parmi eux, de jeunes hommes armés assurent la sécurité du groupe. Profitant des longues étapes qui rythment leur mouvance, ils cultivent le sorgho ; une fois les ressources en eau épuisées, ils abandonnent les champs et se mettent en quête d’une nouvelle zone fertile.

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Et voici le pachypodium, l'arbre à pattes d'éléphant et ses fleurs roses magiques!

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Ils logent dans des huttes ogivales de branchages savamment enchevêtrés qui résistent aux forts vents de sable. Transfert matinal vers la vallée de l'Omo. Sur les bords de ce fleuve, vivent des ethnies sur des territoires autonomes. 

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Arrivés au village de huttes en bois, nous avons rencontré les membres de la tribu Hamer, surtout des femmes et des enfants, les hommes n'étant pas encore de retour de leur journée de travail. Une d'entre elle nous a accueilli dans une hutte destinée au partage du café avec les autres membres de la famille. En réalité, le breuvage qui nous a été servi était davantage une infusion d'écorces de café que nous avions pu identifier plus tôt dans le marché local. Nous l'avons bu dans des calebasses destinées à cet usage.

Les Hamer sont souvent presque nus, surtout les enfants, les femmes portent quant à elles des peaux de chèvres pour se couvrir.

Nous avons réglé 200 birs pour être autorisés à les photographier dans le village, ces sommes étant utilisées pour la communauté des femmes.

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Les conditions de vie de ces tribus sont des plus sommaires et pour nos regards d'occidentaux, clairement d'un autre temps. Mais les sourires de ces femmes et de ces enfants nous ont vraiment ravis et rappelé avec force l'immense diversité de l'humanité et de ses modes de vie et notre devoir d’humilité.

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